Je ne suis pas une femme, je suis un harem

En m’autorisant à explorer l’expression de mon énergie sexuelle au fil des années j’ai pu constater qu’il n’y avait pas une femme en moi mais une multitude qui s’expriment tour à tour au rythme de mon cycle lunaire.

En libérant mon corps de la contraception chimique, en libérant mon esprit des injonctions faites aux femmes et en libérant mon cœur de ces principales blessures je me suis petit à petit reconnectée à la femme libre et sauvage que je suis et j’ai découvert que cette reconquête de moi-même ne pouvait se faire sans reconquérir ma souveraineté sexuelle. L’énergie sexuelle est notre force de vie primordiale, notre force d’expression et de création. Elle nous permet de retrouver notre puissance, notre liberté intérieure, notre capacité de guérison et d’évolution. Elle est l’expression de toutes les parties de nous et c’est en allant à la rencontre de mon énergie sexuelle que j’ai découvert les différentes facettes de ma féminité au fil de mon cycle lunaire. C’est en lisant « Lune rouge » de Miranda Gray que j’ai pour la 1ére fois entendu parler des différents archétypes qui s’expriment au cours du cycle… Ce fut à la fois une révélation et une évidence. Oui il y a bien ces 4 archétypes en moi : la vierge, la mère, l’enchanteresse et la sorcière. Mais plus je les connais et plus je les incarne plus je les découvre dans toutes leurs nuances et leurs différents visages. Cycles après cycles en naviguant sur les vagues de mon désir je me découvre une et multiple, inlassablement.

Dès que le sang ne coule plus j’entre dans ma « phase vierge », c’est mon printemps intérieur… Je sens cette montée de sève en moi, ce désir chaque jour un peu plus fort, un peu plus puissant. Je me sens légère, espiègle, provocatrice, invincible, un peu « adolescente ». J’ai envie de jouer, de flirter, de désirer et d’être désirée, de « faire ma belle ». Je me sens un peu frivole et j’ai envie que mon partenaire prenne l’initiative. Je suis plus dans le désir du désir, dans l’élan audacieux et léger que dans une sexualité très ancrée dans mon corps. L’énergie est encore très aérienne, très cérébrale. Mais plus mon cycle avance plus je sens mon énergie sexuelle envahir tout mon corps jusqu’à se faire intense et brûlant.

J’approche de l’ovulation et entre dans mon été intérieur, la « phase mère » de mon cycle… Je rayonne, j’exalte, j’ai chaud, le feu du désir brûle en moi. Mon énergie sexuelle est si intense que ma sexualité devient « animale ». Le désir devient besoin. L’énergie de Vie dans sa forme la plus brute, la plus sauvage, la plus incontrôlable… La frustration à ce moment là peut me rendre féroce. La mère en moi est dévorante, excessive, brutale, égoïste et sans concessions… La pulsion de vie plus fort que tout et je sens bien que cette force désormais assumée peut faire parfois peur. On est bien loin de l’image de la mère nourricière et enveloppante. Là toutes les forces primordiales de la Vie sont en action. Destruction et Création. Vie/mort/Vie. Eros et Thanatos. Pas de demi-mesure.

Dès que l’ovulation est passée, tout se calme, du moins en apparence et mon enchanteresse entre en scène… Elle, elle sait ce qu’elle veut… ou ne veut pas. C’est la femme-fatale. Celle qui assume son désir rien que pour elle. Ni pour séduire ni pour créer mais juste pour jouir. Jouir d’elle-même et jouir comme elle veut quand elle veut. C’est elle qui mène la danse. Elle aime le contrôle et libérée de ses forces incontrôlables qui la poussaient vers l’autre elle savoure son pouvoir, sa souveraineté. Tantôt chatte, féline et câline, tantôt tigresse prompte à donner des coups de griffes à qui ne respecte pas sa Loi. Comme l’automne, elle est changeante, fluctuante et déroutante… Elle aime ensorceler et son amant doit être à la hauteur. Elle ne se contente pas d’un à peu près. La rencontre doit être intense et la transcender dans toutes les dimensions de son être. C’est une Reine, une Sultane, une Prêtresse… avec elle c’est tout ou rien.

Puis le sang coule à nouveau… J’entre dans mon hiver intérieur et j’entre dans ma grotte, dans ma « phase sorcière ». Mon énergie est au plus bas et mon énergie sexuelle s’exprime autrement. Elle n’est pas endormie, mais alanguie… J’ai envie de faire l’amour mais de façon plus douce, plus profonde, plus connectée et uniquement avec un partenaire qui puisse comprendre, accueillir et accepter cela… Il vient dans mon espace. Je ne me donne pas. Il vient me rencontrer, si je l’y invite, dans ma grotte, dans mon intériorité… L’Union est sensuelle, charnelle, presque mystique… Je pourrais utiliser le mot Sacré mais je pense que la sexualité qu’elle soit animale, bestiale, brutale, sensuelle, douce, érotique, romantique etc… est toujours sacrée. Je ne veux pas nourrir une croyance qu’il y aurait une sexualité sacrée et une sexualité profane, non-sacrée. La sexualité est le plus grand et le beau cadeau divin offert à l’expérience humaine de l’incarnation. C’est pour moi la Voie Sacrée Royale qui nous permet de faire l’expérience de notre puissance créatrice, d’ETRE l’incarnation de la puissance créatrice. Alors peut importe comment on l’expérimente pourvu que l’on en fasse l’expérience. Pour le reste tout est chemin.

Vivre ma sexualité en me sentant libre d’explorer mes désirs et mes fantasmes en fonction de l’énergie des différentes phases de mon cycle m’a permis d’apprendre à connaitre, à accepter et à aimer les différentes femmes qui vivent en moi et me libère chaque mois un peu plus des attentes, projections et autres jugements que la société mais surtout que moi-même porte sur moi et sur la femme que je suis. Cela m’aide à m’empuissancer et à être souveraine en moi-même dans tous les aspects de ma vie. Cela me permet aussi de mieux comprendre les autres femmes puisque je me sens tout à la fois l’une et l’autre, toi et moi.

Je ne suis pas une femme, je suis un harem.

Author: charlotte

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  • J’ai adoré lire ton article Charlotte! Ton expérience de ton cycle et des multiples femmes en toi est très révélatrice de la multitude de facettes que nous sommes. Oser aller à la rencontre de nous-même au-delà de tout ce qu’on croit savoir est un magnifique cadeau que l’on se fait et qu’on fait à notre entourage. J’ajouterai juste que l’énergie sexuelle dépasse l’aspect uniquement « sexuel » de notre vie. Le corps est notre meilleur allié pour comprendre son fonctionnement, nous avons beaucoup de chance de pouvoir nous appuyer sur lui et sur notre cycle pour vivre pleinement notre individuation.

    • Oui tout à fait Audrey ! J’en parlais justement ce matin lors d’une consultation ! Notre corps est merveilleux, c’est grâce à lui que nous pouvons expérimenter et exprimer qui nous sommes. Et effectivement l’energie sexuelle, la libido ou kundalini, ne s’exprime pas uniquement dans la sexualité. C’est notre force de vie brute, notre puissance créative en action et on peut l’expérimenter et la déployer de multiples façons. Ceci dit aller la rencontrer dans son expression sexuelle et particuliérement intéressant pour s’affranchir de nos blessures et limites car c’est par ce biais là (la sexualité) qu’elle a été le plus inhibée.

    • Merci Laurent !
      Oui j’espére qu’il va y avoir de plus en plus d’hommes à l’écoute de la sexualité des femmes (je le crois) et vice versa. Alors merci de contribuer en lisant, écoutant et commentant à plus de plaisir partagé.